En de pareils moments, on espère avoir la présence d'esprit de ne pas se livrer. On espère que ce ne sera pas assez grave pour qu'on puisse enfin en faire quelque chose de définitif. Mais finalement, quand l'été commence, ou tout du moins quand ce qui malheureusement ressemble aux vacances d'été commence, on est forcé de se rendre à l'évidence. On se heurte à ce qu'on a aimé et à ce qu'on aimera durant les 4 prochains mois. Conscients que la réciprocité entre passé et futur a ses limites. Et à la fin de la journée, on se demande si tout finira avec la présence ou l'absence d'un satané nom sur une liste. On se dit que quand même on a bien vécu tout ça, on se dit que tout chose a une fin, mais est on obligé d'accepter cette fatalité? Ce cycle qui revient tous les étés, ou même pas. C'est peut-être une légende, une excuse, un refuge pour ceux qui n'aiment plus. Doit-on pour autant se voiler la face? Continuez avec des ersatz de bonheur, à se dire qu'on ne veut pas que ça s'arrête, jamais, qu'on s'est juré, pour la vie. Qu'on est au dessus de tout ça. Et puis est-ce que le jeu en vaut la chandelle? Est - ce que la satisfaction qu'on aura à être maitre de sa vie comblera le manque? L'indescriptible vide. Ce néant qui présage toujours une rechute dans un monde parallèle où un homme n'est plus un homme, une femme plus une femme. Où le désespoir l'emporte sur la raison; et où finalement tu te sens plus sale et misérable que jamais. Parce que se relever n'existe pas, du moins pas pour moi. Je ne peux pas reprendre le cour de ma vie, sortir avec mes copines, aller au boulot, à la danse, et juste rentrer chez moi. Je dois rester dans le noir, voir des gens qui me font boire, en contacter d'autres qui comme par le passé me décevront encore et regretter d'avoir tout foutu en l'air pour des choses qui paraissent si dérisoires. Mais voila, la réalité des choses, tout est bel et bien fini. Non pas que rien n'a été fait. J'ai tout tenté, mais on ne peut forcer les gens. Et le pire c'est qu'en affirmant que tout ça n'est que le pur fruit de mon imagination, que je suis revendicative pour la forme, tu rends les choses encore plus douloureuses. J'aimerais qu'une fois, juste une fois, il ne soit plus question, d'orgueil ou de lâcheté. J'osais espérer que le cadre lamentable qui consiste à se taire pour ne pas faire souffrir ou pour ne pas être celui à la base de tout ça était totalement exclu après tant d'amour. Le point positif est que je ne serai plus dans ce perpétuel combat contre moi même et contre ces autres, et quelque part j'en suis soulagée. Je n'aurais plus à attendre en regardant par la fenêtre, toujours suspecter, criser, pardonner, prouver que j'en vaut autant la peine que les autres, je n'aurais plus à faire ma vie en fonction de, à vivre à travers de. Mais comment vivre après? Comment? Comment encore se réjouir de tout les petits bonheur de la vie si je me suis moi même arraché une part de mon être? Aurais-je ce courage? De faire face. Alors je vais juste rester dans l'obscurité là, a peser le pour et le contre. Et je n'ouvrirai pas la porte, je serai aux abonnés absents. Et peut-être là, je nous sauverai, ou à défaut je me sauverai moi même.